Tout le monde connaît le site Copainsdavant. Vous savez le Facebook du pauvre, à la française. Certes, le nom est ridicule. Néanmoins, c’est un excellent moyen pour retrouver quelques anciennes bonnes connaissances de classe.
J’ai ainsi repris contact avec F. J’avais déjà eu des soupçons à l’époque mais voilà que la chose est confirmée : F. est de la jaquette. Il faut dire que lors d’une soirée organisée par ma petite amie du moment à l’occasion de son anniversaire, c’était le seul qui m’avait offert un cadeau… Un beau tee-shirt, bien près du corps. Il va sans dire que cela m’a mis la puce à l’oreille. Et m’a obligé à serrer les fesses. F. est donc homo mais à 32 ans, il vient de se séparer de son ami. Il bosse dans la com’ et vient d’acheter un appart dans un quartier chic de la banlieue parisienne. F. est devenu, il y a peu, militant socialiste. Depuis, on s’écrit moins.
Sans reprendre contact avec elle, j’ai retrouvé la trace de la bombe de mon école primaire. Elle s’appelait M. Tous les mecs bavaient dessus. Dont moi. Elle avait un QI d’hanneton mais elle était vraiment très mignonne, genre beauté sauvage. Un côté Zora la rousse, en plus propre et en blonde. Un joli minois, des yeux d’un vert incroyable et un sourire à vous faire fondre. Il faut dire que c’était une “grande”, puisqu’elle avait deux ans de plus que nous. Donc, j’ai retrouvé M. Et je n’ai pas bavé. Au contraire, j’ai avalé ma salive. Elle doit bien peser dans les 85 kilos, a un diplôme de coiffure mais est assistance maternelle, est mariée avec “Freddy” et a eu trois enfants dont les prénoms sont Mégane, Lukas et Bryan. Et elle habite à 500 mètres de notre ancienne école primaire.
J’ai également retrouvé la trace de L., mon premier copain. Amicalement parlant, pas sexuellement. On était ensemble à la “section enfantine”. Maintenant les gosses font trois années de maternelle, alors qu’à mon époque, j’étais entré en classe à l’âge de 5 ans. Cela ne m’a pas empêché d’être bac + 10 (avec un métier au bout du compte). Bref, j’ai repris contact avec L. Que dire de L. si ce n’est que sa vie est rythmée par sa gestion du club de football d’une ville de 1.500 habitants, son métier de “chef” (sic), ses travaux dans sa maison Phénix et les apéros avec ses potes. Sans oublier, bien sûr, sa femme et sa petite fille, m’a-t-il écrit. J’ai revu L. il y quelques mois. Il habite à un kilomètre de notre ancienne école primaire. Mais il ne côtoie pas M. pour autant. La “grosse”, comme il dit. Je confirme en tout cas que la vie de L. est surtout rythmée par les apéros. Il boit du whisky comme j’enquille de la San Pellegrino. Il m’a parlé de ses potes : Toto, Kiki, Seb, la Tronche, le Noir, Jack’ ou encore Bubu. Cela m’a fait drôle de le revoir. Nous avions 5 ans lorsque nous nous sommes connus. Nous en avons maintenant vingt-cinq de plus et sommes tellement différents. Mais je retournerai le voir. Il reste mon premier copain.
Vous avez aussi le cas de ceux qui souhaitent reprendre contact avec vous alors que vous n’en avez aucunement l’envie. Cela m’est arrivé avec B. notamment. B. était un gros con. Le genre pas fin du tout, qui jouait au dur, le mec qui roulait des mécaniques, toujours prêt à te foutre la honte en public. Il faut dire que B. avait deux ans de retard. Dès la 4e, cela commence à faire beaucoup. Mais B. avait une jolie gueule et les filles l’adoraient. C’est con parfois une fille. B., c’était le genre de type qui baissait ton slip de bain à la piscine alors que le prof t’expliquait, devant tout le monde, que tu nageais comme un poids mort. Sacré B. Sacré con. A mon avis, B. est toujours aussi con qu’avant. Il est devenu avocat.
La prochaine fois, je vous parlerai de l’inutilité et de l’inanité de Facebook.
je me suis jamais inscrit sur ‘copaind’avant’ car je flairé le coup, à savoir un tas de fouille-m… qui scrutent ton passé avec le peu d’informations qu’ils ont à ton sujet, Dieu sait comment, d’ailleurs.
Et voilà, à plusieurs reprises, au détour d’une conversation, mon intuition s’est avérée bonne. Le monde est plein de petites fouines qui s’adonne au googling et autre. Ils sont souvent devenus représentants de parent d’élève qui veulent avoir leur mot à dire sur la gestion de l’école, ou bien cons de service qu’il faut bien devoir supporter avec le sourire faute de gagner au loto et de prendre sa retraite.
Il y a aussi le moment dramatiquement freudien, celui où l’on retrouve son grand-père ou une vieille tante sur Copaindavant…