Cela devait arriver un jour ou l’autre. Plus les jours passaient, plus cette triste échéance approchait à grands pas. C’est la fin d’une époque. Je suis triste de sa disparition. Un peu. Je veux parler de celle de Horst Tapper, le célèbre inspecteur Derrick, qui est décédé aujourd’hui à l’âge de 85 ans.
L’Inspecteur Derrick, c’est un peu une partie de ma vie. La première fois que j’ai regardé un épisode du célèbre inspecteur de Munich, c’était chez mon grand-père A. J’étais encore jeune – 8 ou 9 ans – et j’avais beaucoup apprécié l’épisode en question. Le lendemain, de retour chez mes parents, je leur ai dit ma joie d’avoir découvert une série assez sympathique. La semaine suivante – la série passait en soirée à l’époque -, je suis parvenu à convaincre mes parents et ma jeune soeur de regarder ce programme à la télévision. L’épisode terminé, je fus l’objet de quolibets et de railleries. Derrick n’avait provoqué que rires et moqueries. J’avoue avoir été vexé. Il se passa alors plusieurs années dans que je regarde de nouveau cette série d’outre-Rhin.
Puis, en 2000, je me suis retrouvé exilé à Aix-en-Provence pour mes études. Pas facile de s’intégrer dans une ville lorsqu’on débarque en 4e année de droit. Mes horaires de cours étaient organisés de telle sorte que je demeurais chez moi entre 12h30 et 15h30. Ayant pris l’habitude de déjeuner aux alentours de 13h30, ce fut alors l’occasion pour moi de redécouvrir l’Inspecteur Derrick ! Quel bonheur ! Quelle joie de revoir Stefan Derrick et Harry Klein ! Pendant une année, j’ai regardé tous les jours – ou presque – cette série. De grands moments.
Non pas que cette série soit formidable, non. Car, en règle générale, je m’endormais pratiquement toujours au trois quart de l’épisode. Mais, il y avait un je-ne-sais-quoi qui me poussait à chaque fois à allumer le poste pour regarder Derrick et Klein traquer les méchants criminels.
Déjà Derrick, c’est un générique.
Derrick, c’est également une gueule. De con, diront certains. Peut-être, mais moi, il me rassurait avec ses grosses lunettes, ses costards vieillots, son teint de craie et ses dents entartrés. C’est un peu le tonton de la campagne dont on a honte mais qu’on invite à toutes les fêtes de famille.

Derrick, c’est aussi des scènes d’action à n’en plus finir. Une porte qui se referme, une portière de voiture qui claque, un stylo qui tombe, Derrick qui se lève de son fauteuil, Harry Klein qui apporte le café. Et cette scène aussi. Cultissime.
Surtout, ce qui me plaisait dans Derrick, c’était la variété des acteurs. D’un épisode à l’autre, on retrouvait les mêmes tronches. Impressionnant. C’est une série qui tournait avec dix acteurs à tout casser. Il faut le faire tout de même. Dix acteurs qui en plus jouaient tous très mal.
Et le saviez-vous ? Derrick fut une victime de la calvitie précoce. Il a toujours porté une perruque dans la série. Toujours. Dans la vraie, Horst Tapper, c’était ça :

Cela faisait longtemps que je ne regardais plus cette série, ayant trouvé le moyen depuis de m’endormir autrement. Néanmoins, la disparition de Derrick m’en fiche un coup.
Tchüss Horst.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/derrick%2Bsuperman/video/xckm0_derrick-contre-superman_fun
Il ressemble étrangement au personnage qui met en danger les enfants selon une mise en garde du gouvernement ” fran,çais ” à l’aide d’un spot télévision actuel.
Ach ! Zouvenirs zouvenirs… cheuh meuh rappelle ma gambagne teuh Normandie les cholies frauhlein afekh les krosses lolotes ! Pentant que cheuh me planquait zous les tirs… ACHTUNG !… tes zalopes américaines qui débarquaient et que mon cousin Hans chiait dans zon bantalon en défilant devant l’avancée des kommunistes zoviétiques… Horst, brobablement saluait mein Fürher à Berlin, en gulottes gourtes !
Tansons ensemble afekh teuh cheunes chens élégants et clâsses !
http://fr.youtube.com/watch?v=_sw3M1ybmcI
En touh kas zette cheunesse dont Horst fut un héraut, a zu karder la vorme, n’est-ze pas ?, gar on peut savourer l’imblication du gomédien tans zon rôle, afec zette gasgade zur le gapot de la foiture ! De goi donner le dournis, n’est-ze-pas ? Za n’est bas Golumbo gui en aurait fait audant, mein Gott !
-leaule-
Mais c’est que je l’aimais vraiment, cette série, moi. Il lui était resté un soupçon de stürm und drang dans sa manière de montrer les adolescents. Y’avait à l’occasion quelques jolie filles, et l’atmosphère était pesamment triste, vert-de-grisée, parfois presque à l’excès.
Sinon, Vous faites très bien l’accent allemand, Nebo.
Merci Millie… blague de potache…
Sinon… il fait un peu pédé le Horst sur la dernière photo…
http://www.ouest-france.fr/photos/2008/12/15/P897887D773190G_apx_470__w_ouestfrance_.jpg
et sur la première il donne l’impression sadique d’enculer un jeune suspect.
http://www.lefigaro.fr/medias/2008/12/15/0204d8c2-cab9-11dd-8b6f-502a518105e4.jpg
Mon Dieu ! Haïder n’était donc pas le seul !!!?
Ce qui est drole dans la scène d’action, c’est qu’après avoir été trimbalé sur des centaines de mètres et projeté dans un ravin, il tombe sur les pieds de son collègue.
Vous avez oublié un truc artemus: Le commissariat (de Munich, quand même) toujours vide, sans que le téléphone sonne, sans qu’on y ramène des putes…. Une sorte de musée de province….
Mais sérieusement, cette série objectivement nulle a un énorme succès mondial, et il serait intéresant d’analyser pourquoi.
@ Xp : Cette série est pathétique… Elle a, que vous me croyiez ou non, démocratisé un bien intellectuel très peu exploité ailleurs : le pathos post-traumatique de l’après-guerre allemande. Je ne saurais pas comment vous expliquer ça… C’est un plaisir de dépressifs!