J’avoue ne plus suivre grand chose de l’actualité. Il paraît que des élections – quel odieux terme – doivent se dérouler dans quelques jours. Il paraît qu’on ne parle plus de la grippe porcine. Il paraît que Marie-Ségolène Royal continue de présenter ses excuses à l’ensemble de la planète pour on-ne-sait-pas-trop-quoi au juste. Il paraît que le Festival de Cannes a eu lieu récemment. Il paraît aussi que Lyon ne sera pas champion de France de football cette année. Il paraît, hein. Il faut dire que depuis que nous avons déménagé, ma femme, Adolphe et moi, nous avons (ma femme et moi) décidé de supprimer la télévision. Liquidée ma télé d’étudiant achetée voici plusieurs années pour me servir de support lorsque je jouais à la Playstation. Et qui fut également utilisée pour mes débuts d’après-midis glauques, me permettant de regarder les palpitantes aventures de l’Inspecteur Derrick.
Je ne suis donc plus l’actualité. Un sentiment d’indifférence m’a envahi. Si la suppression de l’étrange lucarne y est pour quelque chose (je conserve internet, hein…), je crois connaître la vraie raison de cette nouvelle situation et de ce nouvel état d’esprit : mon fils.
Il s’agit véritablement de la plus belle chose qu’il m’est arrivé (bon, y a aussi la rencontre avec ma femme bien évidemment puisque, sans cela, Adolphe n’aurait pas pu voir le jour). Moi qui détestais (ou quelque chose de similaire) les gosses des autres, je suis littéralement subjugué et épanoui dans mon rôle de père. Passer du temps avec mon fils est un plaisir intense. Souvent je pleure en le regardant. Non pas de tristesse, mais de joie. Je suis ému par la beauté de la vie, ce fameux miracle de la vie. Quand je repense à mes propos tenus il y a moins d’un an sur les enfants, je me dis que je parlais vraiment de ce que je ne connaissais pas. La paternité est une expérience extraordinaire.
Adolphe a presque 10 mois. Il a la taille d’un enfant de 13 mois. Mais il n’est pas gros. Grand et élancé. Comme son père. Et des yeux bleus magnifiques. Comme ceux de mon père. Comme j’aurais aimé pouvoir partager ces moments avec mon fils et mon père. Il marche à quatre pattes depuis près d’un mois. Il est rapide comme l’éclair. C’est un enfant très vif. Et intelligent aussi. Comme son père. J’adore le prendre dans mes bras et lui sentir le crâne. Ca sent bon un enfant. Son enfant. Je me shooote à mon fils. Sans modération. Avec un plaisir sans cesse renouvelé. Dieu que je l’aime.
Vu sous cet angle, la vie est belle. Je suis heureux.
Artemus,
Mettez-nous la musique violonisante de Royal Canin en fond sonore !
C’est malin, vous m’avez redonné envie d’y être, alors que c’est franchement pas prévu pour le moment. Je ne vous remercie pas…
-> F+
C’est mon fils que je sniffe. Pas mon clébard.
J’attends votre paternité future mon ami. Avec impatience.
Hmm, je partirais bien dans un discours sur la dé-virilisation, sur l’enfant-roi, sur le fait que le père n’a quasiment rien à faire avec son fils avant… je sais pas, huit ou dix ans.
Mais comme vous le soulignez, je parlerais alors de ce dont je n’ai pas la moindre idée.
Et puis, les occasions de se dire “la vie est belle” ne sont pas si nombreuses qu’on puisse souhaiter les voir se briser.
Alors, je vous souhaite de nombreux moments de bonheur à sniffer Adolphe, et honni soit qui mal y pense.
Félicitation, et bonne idée pour la télé.
J’avais jamais ressenti autant de bonheur depuis a peu pres un an de errance en réachie.
Profites en avant qu’il devienne grand et rebelle.
Mais sérieusement, il ne s’appel pas adolphe.
C’est vrai il faut attendre qu’il ait 8 ou 10 ans pour jetter un oeil dessus. Et puis un Adolphe ne donne sa pleine mesure qu’à l’âge de la moustache !
fdcv,
il y a une différence entre être un gros minable qui passe tout à son lardon, et un père qui aime jouer au train électrique avec son fils et regarder vivre la chair de sa chair.
D’ailleurs, les vrais pères jouent avec leurs enfants. Les permissifs dévirilisés, beaucoup moins.
Un gosse ça nous transforme. Profitez-en… ça grandit après.
-> camille
Pleinement d’accord avec vous.
@camille et Artemus : moi aussi, hein.
‘just kiddin’, comme on dit.
C’est etonnant que le simple fait de regarder votre fils vous mette la larme a l’oeil…
Qu’est-ce qui vous emeut tant dans une scene banale ? Est-ce vraiment votre fils ou l’image de la scene, celle d’un pere emu par son fils ?
-> Wam
Scène banale ? Rien ne l’est. C’est la beauté de la Vie, le miracle de la Vie qui me tirent des larmes. Mon image n’a rien à voir là-dedans.
Bonjour à tous,
Je traine sur les blogs réac depuis quelques jours (je rigole bien, ça fait tellement plaisir de voir une liberté de ton perdue ailleurs); je laisse un commentaire aujourd’hui pour signaler combien je comprends Artemus qui se drogue à son fils.
Mon petit gars à moi, a passé ses 14 mois et je ne vis depuis ce temps que pour lui. “La paternité est une expérience extraordinaire.” Pour moi la vie avant n’a pas de sens, elle est vide de sens. L’expression “la chair de sa chair” prend ensuite toute sa dimension et n’est plus ressentie comme un poncif radoté; enfin! après ma mort un petit quelque chose me survivra. “Dieu que je l’aime” Et moi donc!
Sans lui, l’abrutissement généralisé, massif et subi de la merveilleuse société de gnous qu’on nous impose serait insupportable: il en est la seule porte de sortie.
Bien à vous,
Bonnes vacances à ceux qui vont en prendre